Le projet d’aménagement du restaurant KOKKEN, premier établissement de Frédéric Metzger à Strasbourg, est né d’une volonté commune de dépasser la simple création d’un lieu de restauration pour donner forme à une véritable vision. Dès les premières rencontres, il est apparu que la démarche culinaire du chef ne relevait ni d’un effet de style ni d’une recherche démonstrative, mais d’un engagement profond envers le produit, la saisonnalité et la lisibilité du geste. Cette approche, fondée sur la précision, la sincérité et une forme de radicalité maîtrisée, a constitué le point de départ de notre réflexion architecturale.
L’ambition du projet n’était donc pas de concevoir un décor venant envelopper une activité, mais bien de traduire spatialement une philosophie culinaire. La cuisine de Frédéric Metzger repose sur une relation directe entre la matière première et sa transformation, dans laquelle chaque intervention est mesurée, chaque assemblage est justifié et chaque composition trouve son équilibre dans l’essentiel. Nous avons souhaité que l’architecture adopte une posture similaire, en renonçant à toute surcharge formelle pour privilégier une écriture claire, structurée et durable.
Le restaurant s’organise ainsi autour d’un principe fondamental : faire de la cuisine le cœur visible du projet. Loin d’être dissimulé, l’espace de préparation devient un véritable point d’ancrage autour duquel s’articulent les usages et les perceptions. Cette centralité ne relève pas d’une volonté spectaculaire, mais d’un désir de créer une continuité entre l’acte de cuisiner et l’expérience du convive. Le lieu se construit dès lors comme un dispositif relationnel, dans lequel les frontières traditionnelles entre production et dégustation s’estompent au profit d’une lecture plus fluide et plus honnête.
L’écriture architecturale s’est développée à partir de cette idée de transparence maîtrisée. Les lignes sont volontairement sobres, les circulations lisibles et les proportions étudiées pour instaurer une sensation d’équilibre plutôt que d’effet. Les matériaux ont été sélectionnés pour leur capacité à dialoguer avec le temps, à se patiner, à évoluer sans perdre leur intégrité. Le bois, le métal et les surfaces minérales participent ainsi à une atmosphère qui privilégie la vérité des textures et la profondeur des matières plutôt que leur mise en scène.
Cette matérialité assumée entre en résonance avec la cuisine proposée, dans laquelle le produit est toujours identifiable et jamais masqué. De la même manière que les assiettes expriment l’origine et la transformation des ingrédients, l’espace révèle ses assemblages, ses jonctions et ses logiques constructives. Loin de rechercher une perfection lisse, le projet valorise une forme de justesse artisanale qui inscrit le lieu dans une temporalité vivante.
Le travail sur la lumière a accompagné cette recherche d’équilibre. Plutôt que de recourir à des dispositifs démonstratifs, nous avons privilégié une lumière mesurée, capable de souligner les volumes et de révéler les matières sans les dramatiser. Elle accompagne les rythmes du service, crée des zones de proximité et participe à une atmosphère à la fois chaleureuse et rigoureuse. Le restaurant évolue ainsi au fil de la journée, sans jamais rompre la cohérence de son identité.
Le mobilier s’inscrit dans la continuité de cette démarche. Dessiné comme un prolongement de l’architecture, il participe à la lisibilité du lieu tout en favorisant une expérience confortable et intuitive. Les tables, les assises et les éléments de séparation contribuent à structurer l’espace sans le fragmenter, permettant de maintenir une sensation d’intimité tout en préservant la perception d’un ensemble cohérent.
L’acoustique a également fait l’objet d’une attention particulière, afin de préserver la qualité des échanges et le confort des convives dans un environnement où la cuisine reste perceptible. Le projet cherche à maintenir une proximité sensible entre les usagers et le travail culinaire, sans générer de tension ni de saturation sonore.
À travers ces choix, le restaurant KOKKEN se définit comme un espace où l’architecture ne cherche jamais à s’imposer, mais à accompagner une pratique. Elle devient le prolongement naturel d’une pensée gastronomique fondée sur la clarté, la sincérité et l’exigence. Le lieu n’est pas conçu comme un objet autonome, mais comme un environnement cohérent où chaque élément contribue à une expérience globale.
En définitive, le projet repose sur la conviction que l’espace peut être au service du sens, et que l’architecture peut traduire une vision sans la figer. KOKKEN incarne ainsi la rencontre entre une écriture culinaire et une écriture spatiale, toutes deux guidées par une même recherche d’essentiel. Il offre à Strasbourg un lieu où la cuisine et l’architecture dialoguent dans une continuité discrète mais affirmée, donnant naissance à une expérience où le goût et l’espace se répondent avec justesse.
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